| Nakago |
Ubu, Signé 丹波守吉道 “Tamba No Kami Yoshimichi” sur face Omote, avec Kiku (Chrysanthème impérial), 2 Menuki Ana, Forme classique Futsu Gata, Yasurime Sujikai, Extrémité Iriyamagata Jiri (V dissymétrique). |
Étude et Avis de l'Équipe |
La lignée de forgeron Yoshimichi 吉道 a pour origine l'école Mishina 三品 de Mino, fondée par Kaneuji 兼氏 au 14ème siècle. Cette école fut fortement influencée par la tradition de Soshu car Kaneuji était un des dix élèves de Masamune. Les lignées Yoshimichi de l'époque Shinto sont très réputées et connues pour l’invention du Hamon Sudareba 簾刃 reprenant le motif des rideaux en bambou, réalisés à partir de Sunagashi. La lame présentée est une réalisation de Tamba No Kami Yoshimichi de Kyoto 3ème génération. De son nom civil Mishina Tokuzaemon, Yoshimichi 3ème gén. forgeait autour de l'époque Kanbun, vers 1660. Il a obtenu le titre honorifique de « Tanba No Kami » en 1662 et comme les Yoshimichi de Kyoto, il gravait le chrysanthème impérial au-dessus de sa signature. On a peu de lame de cette génération car il ne vécut pas longtemps. De part l'excellence de sa forge et leur rareté, les lames de Kyo Yoshimichi 3ème Gén sont très appréciées des collectionneurs. L'école Mishina 三品 fut importée de Seki (Mino) à Kyoto par Kanemichi 兼道 (9èmegén Kaneuji) en 1593, avec ses 4 fils, Iga no Kami Kinmichi (伊賀守金道),Echigo No Kami Rai Kinmichi (越後守来金道), Tanba no Kami Yoshimichi (丹波守吉道), Etchu no Kami Masatoshi (越中守正俊). Cette école Mishina de Kyoto, se caractérise en 4 courants principaux, Kyo Tamba No Kami, Osaka Tamba No Kami, Fushimi Tamba No Kami, et Yamato No Kami.Ces écoles ont fortement influencé la forge Japonaise au début de la période Edo. Comme dit plus haut, le plus connu des fils forgeron de Kanemichi est Tamba No Kami Yoshimichi 1ère Gén de Kyoto, qui créa le magnifique hamon Sudareba à base superposition de ligne de Sunagashi parallèles au tranchant. Le premier fils de Tamba No Kami Yoshimichi 1ère Gén devint la 2nde génération de Kyoto, et le second fils, Mishina Kaneuemon, s'installa à Osaka pour créer la branche Tamba No Kami d'Osaka en tant que 1ère génération. Cette lignée d'Osaka était aussi excellente et eurent le titre honorifique de « Tamba No Kami » en 1644. Par contre, à la différence de la lignée de Kyoto, ils ne gravaient pas le chrysanthème impérial. Enfin, le second fils de la 1ère génération Yoshimichi d'Osaka créa lui aussi son courant sous le titre de Yamato No Kami Yoshimichi. Cette lame de Kyo Tamba No Kami Yoshimichi 3ème génération est donc une pièce assez exceptionnelle, et un exemple parfait des réalisations de cette lignée. Agrémentée d'Horimono (gravure) de très haute qualité, le rendu est somptueux.
Ces Horimono ne sont d'ailleurs pas de ce forgeron car il n'avait pas pour habitude d'en faire sur ses lames. Ce sont des Horimono ajoutés après pour embellir cette magnifique pièce. Voici leurs significations :
- Kudari Tamaoi Ryu 降り玉追い龍 :
Représentation d'un dragon descendant avec le joyau entre les griffes. Le retour du dragon céleste sur terre rapportant le joyau symbolise l'accomplissement et l'illumination. Le Joyau, Zuitama 瑞玉, permet au Dragon de revenir dans le monde des humains, pour apporter de la chance et permettre de réaliser ses vœux.
- Bonji Dainichi Nyorai 大日如來 :
Bouddha Solaire, Divinité centrale du Bouddhisme ésotérique. Il répand sa lumière sur l'univers, chasse les ténèbres des attachements et apporte la lumière de la sagesse.
- Bonji Fudo Myo 不動明王 :
Divinité bouddhiste, le maitre immuable est l'un des cinq rois du savoir, associé au feu et à la colère, il symbolise la fermeté et la détermination inébranlable face aux obstacles, l'immuabilité.
- Sankozuka No Ken 三鈷柄剣 :
Lame à double tranchant avec une poignée en forme de Vajra bouddhiste. C'est l'épée de Fudo Myo. Elle est utilisée dans les rituels Bouddhistes. La poignée Vajra représente l'indestructibilité et la lame à double tranchant chasse les démons.
- Bonji Bishamonten 毘沙門天 :
Divinité Bouddhiste, le Roi du Nord est un des quatre rois célestes « Shitenno ». Protecteur de la loi Bouddhique et de la prospérité, il apporte le succès et la richesse, permettant de se libérer de la matérialité et de la temporalité pour mieux se concentrer sur la spiritualité. Au japon, il fait partie des trois Kamis de la guerre « San Senjin », avec Marishiten et Daikoku.
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